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AV2 : le codec post-AV1 promet 30 à 40 % de compression en plus

9 févr. 2026 2 min de lecture Paul Forcadel
AV2 : le codec post-AV1 promet 30 à 40 % de compression en plus

Cinq ans de travail pour succéder à AV1

L'Alliance for Open Media (AOMedia) a publié début février 2026 le draft de la spécification AV2, fruit de cinq années de développement et de plus de 2 700 commits sur le dépôt de référence. Baptisé officiellement « AV2 Bitstream & Decoding Process Specification », ce document marque l'aboutissement d'un effort collectif mené par les douze membres du steering committee — Amazon, Apple, Cisco, Google, Intel, Meta, Microsoft, Mozilla, Netflix, NVIDIA, Samsung et Tencent — au sein d'une alliance qui compte désormais 49 organisations.

30 à 40 % de compression supplémentaire

Les premiers benchmarks sont prometteurs. Selon Andrey Norkin de Netflix, AV2 offre environ 30 % de compression supplémentaire par rapport à AV1 en mode Random Access (mesure objective PSNR/VMAF). Les tests subjectifs vont plus loin : jusqu'à 38 % de réduction de bitrate à qualité équivalente, avec des pointes à −50 % sur certaines séquences. Le tout en maintenant la complexité du décodeur matériel sous le seuil de deux fois celle d'AV1, un choix délibéré pour contenir les coûts de silicium.

Au-delà de la compression pure

AV2 ne se contente pas d'améliorer les ratios de compression. Le codec introduit le support des formats chroma YUV 4:2:2 et 4:4:4 (contre uniquement 4:2:0 pour AV1), une synthèse de grain de film améliorée et un codage lossless optimisé. Il ajoute surtout des capacités inédites : support natif de l'AR/VR avec gestion de la latence, diffusion split-screen de plusieurs programmes simultanés, traitement amélioré du contenu d'écran (gaming, interfaces) et plage de qualité visuelle élargie jusqu'à la 8K.

Royalty-free face au VVC propriétaire

Le positionnement stratégique d'AV2 est clair : rester royalty-free face au VVC (H.266), dont les licences fragmentées rappellent les difficultés du HEVC. Cette approche ouverte a fait ses preuves avec AV1 — Netflix rapporte que 30 % de son trafic mondial utilise désormais AV1, et Meta dépasse les 70 % d'utilisateurs consommant du contenu AV1. AOMedia a d'ailleurs reçu un Technology & Engineering Emmy Award pour le développement d'AV1.

Calendrier d'adoption réaliste

Selon un sondage interne, 53 % des membres d'AOMedia prévoient d'adopter AV2 dans les douze mois suivant sa finalisation, et 88 % dans les deux ans. YouTube et Facebook/Meta devraient mener la charge dès 2026, puisqu'ils contrôlent à la fois le contenu et les lecteurs. Côté navigateurs desktop, le décodage logiciel pourrait arriver courant 2026. En revanche, le mobile reste tributaire du support matériel — Qualcomm, MediaTek et Apple investissent dans le VVC, repoussant la masse critique AV2 vers 2030. Les Smart TV pourraient atteindre un déploiement significatif entre 2027 et 2028 si Netflix et YouTube poussent le codec. L'implémentation de référence AVM (AOMedia Video Model) est disponible en open source, mais les décodeurs optimisés de production, successeurs du célèbre dav1d, restent à développer.

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Sources

Références et articles originaux

Rédigé par

Paul Forcadel

Paul Forcadel

Fondateur & Rédacteur en chef

Passionné de broadcast et de technologies audiovisuelles, Paul décrypte les dernières avancées pour les professionnels de l'image.

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